Fiction: « Le roman de GECO »

3em chapitre : (auteur JP Dautricourt, 04 mai 2013 )

Mille bornes plus tard, me voilà au pays des cigales. Comme moi, elles doivent se geler les couilles ou pas aimer les avions car y en a pas une pour me souhaiter la bienvenue ! Tu parles d’un accueil … Un vent violent me cingle le visage comme pour m’inciter à remonter dans mon zinc, malgré un beau ciel bleu. Perso, j’m’en bats la raie (au porc ?), j’suis viendu chercher ma nouvelle bécane et même s’il faisait – 30 comme dans l’Nord un 15 Août (quoi … ???), ben, pour rien au monde j’aurais raté ça ! Prendre possession d’une moto neuve, c’est un pneu comme renaitre à sa passion : on est aussi fébrile que le premier jour où on a posé son cul sur une meule, et ça fait un bien fou ! Mais là, y a un truc en plus : elle est française et fait trembler la concurrence (qui ne boxe pourtant plus dans la même catégorie) depuis les premiers essais presse.

Dix heures du mat’, je monte le son (plutôt le col de mon blouson). Le mec qui doit venir me chercher est à la bourre. Il est réputé pour ça car toujours en train de faire 1000 trucs à la fois. C’est Jean Paul DAUTRICOURT, l’écrivain bien connu du milieu et maintenant attaché de com’ de la boite au lézard. Autre légende du milieu que j’ai hâte de rencontrer pour lui faire dédicacer mes 2 bouquins !

Trois clopes plus loin, un bruit énorme de moulbif 4 pattes en furie se fait entendre. Non mais …, je rêve ! C’est LUI et il est venu me chercher en … bécane !!!

– Désolé pour le retard mais j’ai dû m’arrêter quelques minutes pour m’occuper d’une de mes lectrices voulant savoir si l’écrivaillon de service était aussi habile que Beaulieu à tirer la frangine …

Ben voyons … Et on fait comment avec mon sac ?

– Eh oui, je ne roule qu’à moto ! Mais t’as de la chance, j’suis pas trop mauvais au guidon …

Avec un sourire de carnassier, il devance mes pensées et me prend le sac des mains pour le sangler en moins de 10 secondes sur la plate-forme arrière de sa GECO 1300 GTS flambant neuve. Puis il enlève son casque et s’allume une sèche en souriant.

– Après l’effort, le réconfort ! Là, je peux te dire que la gonzesse va pas pouvoir s’asseoir pendant au moins 3 jours …

On m’avait pourtant prévenu …

Faut dire que ce mec a tout pour lui : grand, athlétique, il parait au minimum 10 ans de moins que ce qu’il affiche au compteur, ce petit veinard !

Je mâte sa meule en ravalant ma salive. C’est beau une GECO, même en version GT ! Première fois que j’en vois une en vrai. Avec ses formes étirées et malgré un carénage imposant, on dirait un fauve prêt à bondir, impression renforcée par cet énorme monobras avant et ce drôle de bras oscillant sans disque de frein à l’arrière. Enfin si, y a un disque, mais pas à l’endroit où on a l’habitude de le trouver. C’est surprenant en live ! Le seul truc qui me bloque un pneu, c’est les 2 valises de chaque côté : ça casse la ligne. Mais bon, c’est une GT, non ?

Sur celle-ci, ce qui m’impressionne le plus, c’est le pneu arrière bouloché : heu …, elle est pas sensée économiser la gomme ? Immédiatement je repense au hurlement du moteur de tout à l’heure : et merde ! J’vais devoir sans doute serrer les fesses à l’arrière et j’aime pas trop ça …

Jean-Paul a dû devancer mes pensées :

– Te bile pas, on va rouler cool ! Enfin, presque … Tu risques rien, elle ripe pas la GECO ! Le pneu arrière ? C’est de la gomme tendre et c’est normal avec ce gros moulbif …

Mouais …

Pas plus rassuré que ça, je grimpe à l’arrière. Bon, ça à l’air confortable et y a 2 grosses poignées pour se tenir. Merde ! J’suis motard aussi, non ??? Ce mec est réputé avoir un bon coup de gaz et va pas faire le con avec client derrière, non ? Hein ? Enfin, j’espère …

Aaaaaaaaaah … !!! P’tain de sa mère, mais il est dingue, ce type !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Une, deux, trois, quatre …, et la roue avant n’a pas encore retouché le sol ! Et …, et …, cette courbe qui nous fonce dessus, ça VA JAMAIS PASSER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Merde, merde et merde, j’veux descendre !!! Mais tu vas freiner ???????????????? Oui, il a freiné, et j’l’ai bien senti, j’te le jure ! tu connais l’expression rentrer dans l’mur ? Ben c’est ça, en pire !!! Et il freine tout en balançant la meule sur l’angle, comme si c’était une MotoGP ! Là, j’ai cru crever et certainement pissé dans mon froc, mais c’est passé. C’était pourtant encore rien comparé à la sortie de courbe : plein angle et gaz en grand, la moto a semblé faire ça toute seule, avec une facilité déconcertante ! Jamais vu ça sur la route !!!

Trente bornes plus tard, j’ai plus de bras, les jambes en coton, des bourdons plein la tête et plus un poil de sec, mais … je suis heureux ! En fait, j’ai vite pris confiance et constaté que la technologie homocinétique tenait ses promesses … très largement ! Pourtant, cette meule est sensée être une GT, et moi j’sui s venu chercher une sportive ! J’en bande d’avance, si, si !!!

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