Fiction: « Le roman de GECO »

9em chapitre : (JP Dautricourt, 6 novembre 2013)

ESSAI GECO 500 TURBO : prise (virile) de contact.

  • Bon, t’as une demi-heure et interdiction formelle de la mettre par terre !

Plaisante pas, Pépé …

Faut-dire que cette machine est unique à ce jour et destinée à l’homologation d’une série de machines qui vont faire date dans l’histoire de la moto. Tu te souviens de notre visite au japon où je t’ai raconté la découverte d’un petit bicylindre suralimenté destiné à propulser une Geco ? Eh bien, je te propose aujourd’hui de la découvrir lors de cette (hélas trop brève) prise de contact réalisée dans les environs tournicotants de l’usine : un terrain de jeu varié (et sec !) que je commence à bien connaitre à force d’essayer les différentes versions de la moto française qui se suivent à une cadence aussi infernale que la moto homocinétique peut être scotchée au bitume !

Cette fois, c’est un peu différent : ce moteur est l’espoir de YAMAHA pour sa production route à venir, mais on ne le retrouvera pas tout de suite dans un châssis des 3 diapasons. En effet, il va d’abord prendre place dans une Geco, l’usine ne tenant à faire entrer en concurrence son dernier bébé avec sa production existante, a choisi la marque française comme laboratoire roulant, mais aussi pour habituer sa clientèle à penser le moteur différemment avant de l’installer dans ses propres châssis (homocinétiques ?).

110 cv à 8500 pour 11,5 mk/g à 4500, régime maxi 11600, pour … un bicylindre en ligne de 498 cc suralimenté par un minuscule (à l’image du moteur) turbo à géométrie variable. Pas possible d’en savoir plus dans l’immédiat car Geco doit nous faire une conférence de presse dans les prochains jours pour expliquer sa nouvelle machine et son accord avec la firme aux 3 diapasons.

La moto est d’une finesse inouïe ! La position est sportive, mais sans excès, moins que la dernière version 600 essayée, mais on se retrouve directement sur l’axe de la colonne de direction en ayant la drôle d’impression de serrer une … vulgaire 125 entre les jambes. Bon, j’arrive quand-même à caser mon mètre 83 mais l’effet est surprenant, autant que peuvent l’être les 159 kgs à sec de la moto ! Pas possible d’imaginer un seul instant que cette mobylette fasse plus de 100 cv, et pourtant …

Contact, légère pression sur le démarreur et … première déception : on dirait un vulgaire CB 500 au ralenti ! C’est fade et sans vie. Eric a capté mon regard et m’invite à tourner la poignée d’un petit mouvement du bras. Je m’exécute. Woooouuuuiiiiiinnn (avec un E à la fin et dans les aigues ), fait le petit bicylindre en grimpant très (très) vite dans les tours sans aucune inertie, accompagné du bruit très marqué de son turbo. Vache ! Et en live, ça donne quoi ?

Ben …, ça pousse au moins comme un FZ1 FAZER en version libre (malgré 40 chevaux de moins) mais sans aucune brutalité, juste vite, très vite même. Je la prends en référence car c’est avec ça que je suis descendu chez Geco. Miracle du rapport poids/puissance, miracle de la suralimentation, ça pousse dès 3000 tours avec une force inouïe, mais jamais traitre, et ce jusqu’à près de 11500 sans jamais s’essouffler un seul instant ! Pas sûr que ma FAZER aurait tenu la comparaison si j’avais pu la tester côte à côte avec la Geco 500 turbo, et je ne parle là que du moteur ! Aucun cognement à bas régime, il est capable de reprendre presque depuis le ralenti en sixième : jamais connu un bicylindre capable de faire ça jusqu’à aujourd’hui. Aucun temps de réponse au poignet droit, mais faut faire gaffe quand-même à l’absence d’inertie et de brutalité : elle monte trop vite dans les tours pour être vraiment adaptée à nos … limitations de vitesse !

Le châssis à présent ? Du Geco, mais magnifié par une légèreté inconnue jusqu’ici : un regard et elle plonge à la corde sans se faire prier le moins du monde ! Ce qui est surprenant, c’est qu’une telle légèreté puisse s’accompagner d’une stabilité sans faille. L’impression d’être collé au bitume semble encore plus vraie avec cette version. Le freinage ? Diabolique de puissance et de progressivité, sans limite autre qu’humaine grâce au châssis homocinétique. Tiens, puis pendant que j’y pense, un mot sur les suspensions : parfaites, comme d’habitude sur une Geco, et bien plus confortables que tout ce qui existe à ce jour en étant pourtant bien plus efficaces !

C’est avec regrets que j’ai rendu son dernier bébé à Pépé. Cette Geco 500 est la meilleure qu’il m’ait été donné d’essayer à ce jour, et j’ai hâte de faire l’essai complet de la moto définitive. Une seule chose me chiffonne, pourtant : à quoi bien la comparer ? Cette sportive est une vraie sport-GT par son confort et sa position de conduite, mais une sport-GT capable de ridiculiser un sportive pur jus de bien plus forte cylindrée et ce sur n’importe quel terrain … routier (car c’est bien une moto de route). J’ai aussi hâte de l’emmener sur piste, histoire d’essayer d’en tirer une substantifique moelle qui n’est pas à la portée du premier venu, foi d’essayeur !!!

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