Scanner du R1 2015 : rencontre avec Yannick Laval.

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Portrait de Yannick Laval, un homme étonnant qui a fait gagner énormément de temps et de précision au projet GECO R15.

 

Par Pierre Geffrin.

 

21 juin 2015. Eric « Pépé » Offenstadt et Jean-Baptiste Labruyère arrivent chez un homme discret. Dans leur véhicule, le moteur, le cadre, le bras oscillant et quelques autres éléments de la dernière Yamaha 1000 R1 2015. Ils déchargent ces pièces dans un local rempli de machines bizarres…

11358830_10204500494297834_1806854801_nQuelques semaines auparavant, grâce à Eric de Seynes, la nouvelle Yamaha 1000 R1 2015 arrive là où s’élabore le GECO « R09 » (pour R1 2009) depuis deux ans, l’atelier des frères Gomez. C’est une excellente nouvelle, car la conception du moteur utilisé jusque-là accuse son âge : poids et puissance sont devenus pénalisants par rapport à la concurrence. Mais c’est aussi un casse-tête, car il faut rapidement choisir entre deux options : continuer à développer l’ancien proto avec son châssis en treillis tubulaire en vue du Bol d’Or – et prendre du retard sur le GECO R15 – ou attaquer tout de suite la nouvelle machine, mais faire l’impasse sur le Bol.

C’est logiquement la seconde option qui est choisie. Question : que peut-on garder du GECO R09 et que doit-on changer ? Pour le savoir, il faut disposer des mensurations du moteur de la belle. Mais le parallèle avec la confection s’arrête là : le mètre de couturière n’est pas l’instrument adapté ! Éric lance un appel sur la page du site www.progecomoto.fr « Le GECO a besoin de vos talents » pour un scanner 3D du moteur. « Hudson Works » sur Facebook transmet la demande à « Mad Max-gsxr » dont il connait le travail sur des forums spécialisés CAO. Yannick Laval (le fameux Mad Max) prend contact avec Éric Offenstadt et propose de scanner également le cadre et le bras oscillant ! Rendez-vous est pris.

Cadre blanc.
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Une fois déchargées les pièces du véhicule, il faut les installer et les préparer. C’est-à-dire les recouvrir d’une couche de blanc à base de talc, car le scanner 3D n’aime ni le brillant ni le noir. Dans le garage de son pavillon, Yannick est équipé de deux scanners 3D : un Artec pour les pièces jusqu’à 120cm et un Minolta plus précis (0.2mm) pour les pièces plus petites. Et un bras Romer qui permet encore plus de précision. Le travail commence. Acquisition à 12 images par seconde, chacun des scans est composé de 150 à 500 vues en moyenne. Pour le seul bras oscillant, 14 scans seront fusionnés en un seul, pour 800.000 points mesurés. Pour le moteur une trentaine de prises de vue en 1h30 de travail, puis le châssis. Au total, 29 millions de points sont relevés par Yannick avec son matériel high-tech.
Installation, préparation, mesures, la journée passe très vite : il est temps pour Pépé et JB de charger le véhicule pour le retour à Pezenas.

 

 

Moteur blanccapture partie cycle 1Pour Yannick, c’est loin d’être terminé. Armé de deux très puissants ordinateurs pour travailler en même temps sur deux pièces, il va « trier » et « nettoyer » les données informatiques pour les transformer en magnifiques images cotées au dixième de millimètre. Nuits blanches et 60 heures de travail, le résultat est là, dont la Gazette vous livre ici quelques extraits.

capture partie cycle 2La Gazette Geco : Yannick, merci pour l’aide précieuse que tu viens d’apporter au Geco ! Un gros travail, mais la CAO, c’est ton métier ?

Yannick Laval : Pas du tout ! Je suis technicien, mon métier est la maintenance des barrages hydroélectriques : turbines, alternateurs, vannes, des pièces de plusieurs tonnes… Le dessin 3D n’est qu’une passion, comme la moto ! Effectivement c’est pas mal de travail, mais on ne voit pas le temps passer, car on a envie que ça avance et que le résultat soit satisfaisant.

11270137_10204587792680239_2064509326_nLGG : Comment es-tu venu à ce niveau de compétences, impressionnant pour un amateur ?

YL : Mon père était chauffeur routier, tout petit je collectionnais les photos de camions, que je redessinais. Ensuite, je me suis régalé à éplucher chaque numéro de la regrettée revue Moto-Technologie, dont je reproduisais les dessins au crayon, en 80x50cm. Et de fil en aiguille, j’ai commencé la CAO. J’ai appris CATIA tout seul. Je crois que je maitrise maintenant assez bien, mais je découvre et en apprends tous les jours. Le « surfacique » c’est plus récent, ça fait deux à trois ans que j’y travaille. Je me suis lancé dans le projet un peu fou de modéliser mon 1100 GSXR pièce par pièce. J’en suis à plus de 1000. Depuis quelques mois j’ai investi dans les scanners 3D, ça permet de capturer des formes complexes beaucoup plus facilement et précisément. Je scanne et je dessine tout un tas de machines, moto, auto, modélisme. Et beaucoup de projets, comme le dessin d’un nouveau carénage pour ma Suz’. L’étape suivante sera l’usinage CNC (computer numerical control, NDLR), je me suis offert une petite machine qui attend un projet bien ficelé.

Capture 20LGG : Ton talent et tes compétences vont aider considérablement l’équipe technique GECO, tu t’en doutes bien…

YL : J’en suis ravi ! Je commence à être un tout petit peu connu dans le monde de la CAO, surtout depuis que j’ai gagné un concours organisé par le site Lynkoa.com. C’est comme la « tribu du GECO » une communauté, il y a également beaucoup d’entraide et de partage d’expérience, j’y ai beaucoup appris. C’est donc tout naturel pour moi d’apporter mon aide maintenant. Et longue vie au GECO !

LGG : Merci beaucoup Yannick.

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Pour ceux qui veulent un aperçu du magnifique travail de Yannick,
cliquez ici.

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