Le gouvernement a dévoilé sa première stratégie complète de sécurité routière depuis plus d'une décennie, promettant de réduire de près des deux tiers le nombre de morts et de blessés graves sur les routes britanniques d'ici 2035.
Si les gros titres s'adressent directement aux automobilistes, les répercussions sont tout aussi importantes pour les motocyclistes, qui restent représentés de manière disproportionnée dans les statistiques de collisions graves. Lorsque les politiques se durcissent en matière d'alcool au volant, d'inexpérience, de vue et de contrôle, les usagers ont tendance à en ressentir les conséquences en premier, généralement sous la forme d'une marge d'erreur réduite et d'une tolérance moindre de la part de ceux qui partagent la route.
Publiée cette semaine par le DfT, la stratégie vise une réduction de 65 pour cent des décès et des blessures graves d'ici dix ans, et de 70 pour cent pour les moins de 16 ans. C'est un aveu tacite que les progrès sont au point mort et que les règles existantes n'ont pas suivi le rythme de la circulation moderne, des véhicules ou de la vulnérabilité des conducteurs.
Les apprenants resteront plus longtemps sur la sellette
L'inexpérience reste un facteur majeur dans les collisions, et les conducteurs ne savent que trop bien à quel point les conducteurs nouvellement qualifiés peuvent être imprévisibles. L'extension de la période d'apprentissage à trois ou six mois vise à exposer les novices à la conduite de nuit, au mauvais temps et à un trafic plus intense avant de se lancer en solo.
Pour les motocyclistes, des conducteurs mieux préparés devraient signifier moins de manœuvres de panique, de freinages tardifs et de surprises dans les angles morts. Cela dit, le coût et l’accessibilité de l’apprentissage resteront controversés, surtout si les retards poussent davantage de personnes vers des parcours de formation précipités ou informels. Et même si le DfT parle de formation dans son ensemble, il n'est pas encore clair si elle s'adresse spécifiquement aux conducteurs de voitures ou si les motocyclistes auront également des périodes de formation obligatoires plus longues.
Vue et vieillissement des conducteurs
Un test de vue obligatoire pour les conducteurs de plus de 70 ans est une autre mesure envisagée. La plupart des conducteurs âgés les dépasseront sans problème, mais même une légère amélioration des temps de détection et de réaction pourrait faire une différence mesurable en termes de sécurité des usagers, en particulier sur les routes rurales où les vélos sont les moins attendus et les plus exposés.
Répression de l'alcool au volant
Peu de choses font courir un plus grand risque aux conducteurs que les conducteurs qui ne devraient pas du tout prendre le volant. La consultation proposée sur l’abaissement de la limite d’alcool au volant en Angleterre et au Pays de Galles est donc difficile à contester, d’autant plus qu’un décès sur six sur les routes en 2023 était lié à l’alcool.
Les motocyclistes considèrent déjà que boire et rouler est non négociable. Si cette stratégie pousse les conducteurs à respecter les mêmes normes, elle ne peut qu’aider. Les propositions telles que les antidémarreurs pour les délinquants condamnés ne sont peut-être pas parfaites, mais tout ce qui soustrait les récidivistes de la circulation profite à ceux qui bénéficient du moins de protection physique.
Le grand frère sévit contre les assiettes douteuses, les assurances et les contrôles techniques
Les plaques illégales sont une fois de plus dans la ligne de mire, même si ce n'est pas la petite plaque située à l'arrière de votre Fireblade qu'ils recherchent, ce sont ce qu'on appelle les « plaques fantômes ». Ceux-ci peuvent confondre les radars et les systèmes ANPR, cachant ainsi le VRN aux autorités pour éviter les amendes et cacher l'identité du véhicule.
L'utilisation accrue de l'ANPR et le partage de données sont une autre mesure, et même si cela peut sembler intrusif, si cela supprime des véhicules qui ne devraient pas être sur la route, c'est un compromis que la plupart des conducteurs accepteront.
Plus de technologie, que vous le vouliez ou non
Les technologies de sécurité obligatoires telles que le freinage d’urgence autonome et l’assistance au maintien de voie remodèleront le comportement de la circulation, même si les conducteurs n’en bénéficient pas directement. En théorie, moins de manœuvres arrière et d’incidents de dérive de voie devraient réduire les types courants de collisions de motos.
Le problème, comme toujours, est la dépendance excessive. Une technologie qui compense une mauvaise observation ne remplace pas une recherche correcte, en particulier pour les vélos qui ne s'enregistrent pas toujours clairement sur les capteurs.
Une nouvelle direction des enquêtes sur la sécurité routière et un conseil de surveillance suggèrent une approche plus concertée que celle que le Royaume-Uni a mise en place depuis des années. Le langage s'est adouci autour du blâme, reconnaissant que les routes, les véhicules et l'application de la loi sont également importants.
Mais les motocyclistes savent comment cela se passe habituellement. Les règles peuvent être écrites pour tout le monde, mais les coureurs en ressentent souvent les conséquences avec plus d'acuité. La question de savoir si cette stratégie apportera de réels gains en matière de sécurité ne dépendra pas de l’ambition, mais de sa mise en œuvre cohérente – et du fait que la responsabilité soit véritablement partagée.