Même pour un pilote comme Marc Márquez, parfois le progrès ne vient pas d'un effort plus intense, mais d'un pas en arrière.
C'est exactement ce que fait le champion MotoGP en titre au MotorLand Aragon, en descendant de son prototype cracheur de feu et en montant sur quelque chose de bien plus familier aux pilotes ordinaires : une Ducati Panigale V2. Sur le papier, c'est un gros déclassement : moins de puissance, moins d'aérodynamisme, moins de tout. Mais c'est un peu le problème. Márquez ne recherche pas purement et simplement la vitesse ; il cherche à retrouver les sensations qu'il a sur un vélo.
Après un début d'année 2026 difficile, où le rythme ne s'est pas souvent traduit en résultats, Márquez s'est montré ouvert sur la nécessité de trouver des améliorations pour revenir à son meilleur niveau. Pas une révolution, pas un nouveau vélo, juste quelque chose de petit qui permet à tout de s'enclencher à nouveau. C'est là qu'intervient la V2.
Márquez profite de l'interruption forcée du championnat, provoquée par le report du Grand Prix du Qatar en raison du conflit en cours au Moyen-Orient, pour dépouiller les choses, sur une machine plus simple, plus légère et moins agressive. Il espère que le temps passé sur la V2 lui apportera quelque chose que les motos MotoGP modernes ne permettent pas toujours : de la clarté. En l'absence de dispositifs de hauteur de caisse masquant le feedback et d'une puissance écrasante à affronter, Marquez recherche un vélo qui lui répond d'une manière plus facile à comprendre.
« C'est moi qui manque, pas la moto », a déclaré Márquez après sa cinquième place au Grand Prix des États-Unis. « Dans les premiers tours, lorsque les pneus sont neufs, la moto devient plus agressive et je ne peux pas bien rouler pour le moment. » Les premiers tours d’une course sont essentiels, encore plus dans la nouvelle ère de l’aéro-lourd. Mais la combinaison d'une grande adhérence et d'une moto lourde avec un réservoir plein s'avère difficile à gérer pour le septuple champion de MotoGP.
« On dirait que je m'habitue à être dans une position, pas une position naturelle, sur la moto, et je ne fais que rouler. Pourtant, je suis rapide, mais je n'arrive pas à faire la différence. »

Suite à ces omissions d'après-course, Márquez a été aperçu en train de réaliser des tours sur la V2 à Aragon, évitant la piste de GP au profit de la piste de karting étroite et technique.
Ce n’est pas non plus la première fois qu’il le fait. Plus tôt cette année, il était de retour sur une Panigale V2 lors d'un entraînement. Cette séance s'est terminée par une légère chute pour le pilote de 33 ans, soulignant à quel point il roule toujours près de la limite, peu importe ce qu'il fait.