Depuis des années, de nombreuses villes européennes semblent engagées dans une bataille contre les transports privés. Les zones à faibles émissions, la réduction du stationnement et l’apaisement de la circulation ont souvent donné aux motocyclistes le sentiment d’être des dommages collatéraux dans une lutte dirigée directement contre les voitures. Barcelone semble cependant adopter une approche différente.
Plutôt que de considérer les motos comme faisant partie du problème, la capitale catalane a annoncé une série de mesures destinées à rendre la conduite à la fois plus sûre et plus facile, reconnaissant le rôle que jouent les deux-roues motorisés dans le maintien de l'une des villes les plus fréquentées d'Europe.
Parmi les projets figurent de nouvelles zones d'arrêt avancées aux feux de circulation, offrant aux usagers un espace dédié avant le reste du trafic avant le changement de feu. La ville développe également le stationnement des motos dans la rue, dans le but à long terme de déplacer des milliers de vélos des trottoirs vers des baies correctement désignées, réduisant ainsi les conflits avec les piétons tout en simplifiant le stationnement pour les motocyclistes. Pour tous ceux qui font du vélo dans l’une des villes animées du Royaume-Uni, il s’agit d’une approche pragmatique et rafraîchissante.
Plutôt que d’interdire les motos ou de les tarifer hors des centres-villes, Barcelone accepte que des centaines de milliers de déplacements soient déjà effectués chaque jour sur deux roues. Si ces usagers disparaissent, beaucoup se contentent de prendre la voiture, augmentant ainsi les embouteillages plutôt que de les réduire.

La réflexion de la ville est également soutenue par des experts en sécurité routière. Des infrastructures spécifiques aux motos, des tracés de carrefour plus clairs et des mesures séparant les conducteurs des véhicules plus gros peuvent tous contribuer à réduire les collisions, en particulier dans les environnements urbains très fréquentés. Et même si le nombre de cyclistes quotidiens à Barcelone est bien supérieur à celui de Londres, il est difficile de ne pas comparer cela avec le Royaume-Uni.
Alors que les motos sont fréquemment présentées par les organismes industriels comme une alternative à la voiture pour réduire les embouteillages et réduire les émissions, les infrastructures dédiées restent rares. Les arrêts avancés pour motos sont pratiquement inexistants, le stationnement sécurisé est souvent une réflexion secondaire, et de nombreuses autorités locales semblent encore considérer les deux-roues motorisés comme un autre véhicule à décourager.

Et ce, même si les motos occupent une fraction de l'espace routier d'une voiture, consomment moins de carburant et contribuent souvent à réduire les embouteillages pendant les heures de pointe. Barcelone semble le reconnaître, mais n'accorde pas de traitement spécial aux motocyclistes, elle comprend simplement que si les motos doivent rester une partie du système de transport moderne, les routes doivent refléter cette réalité.
C’est peut-être la leçon à laquelle les villes britanniques devraient prêter attention. Au lieu de rendre la vie des motards de plus en plus difficile, ils pourraient commencer à poser une question simple : si l'une des plus grandes villes d'Europe peut concevoir ses rues en pensant aux motos, pourquoi pas nous ?