Une nouvelle dispute a éclaté dans l'industrie américaine de la moto après qu'Indian Motorcycle ait été liée à une campagne sur les réseaux sociaux qui a vu plusieurs influenceurs de droite attaquer Harley-Davidson, tout en faisant simultanément la promotion d'Indian.
La controverse s’articule autour d’une série de messages et de vidéos rédigés par des commentateurs conservateurs de haut niveau, des podcasteurs et des personnalités des médias sociaux. De nombreux articles suivaient un scénario remarquablement similaire, critiquant Harley-Davidson pour ses précédentes initiatives en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI), décrivant l'entreprise comme « réveillée », avant d'encourager ses adeptes à se tourner plutôt vers les motos Indian.
L'histoire a d'abord été soulignée par The Bulwark avant d'être reprise par RideApart, qui a enquêté sur les liens potentiels entre la campagne et Noise Media, une société de relations publiques récemment embauchée par Indian Motorcycle. Selon le rapport, des versions archivées du site Internet de Noise Media citaient l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Brad Parscale, parmi les dirigeants de l'entreprise, bien que les références à lui aient depuis été supprimées.
Parscale n'est pas étranger aux campagnes d'influence numérique à grande échelle, et son implication est ce qui a alimenté la spéculation selon laquelle les critiques de Harley pourraient ne pas être simplement un recueil d'opinions indépendantes, mais plutôt un effort marketing coordonné. RideApart ne revendique pas l'implication directe d'Indian Motorcycle elle-même, mais note que le timing et la cohérence du message ont fait sourciller à la fois l'industrie de la moto et celle des médias.

Le conflit met également en lumière une fracture culturelle croissante qui se retrouve de plus en plus dans le motocyclisme.
Harley-Davidson est devenue une cible pour les militants conservateurs en 2024 après que le commentateur en ligne Robby Starbuck ait critiqué le PDG de l'époque, Jochen Zeitz, et les politiques de diversité de l'entreprise. Cette réaction négative a incité Harley à se distancier publiquement de plusieurs initiatives d’entreprise et à réviser certains aspects de ses politiques destinées au public.

Aujourd'hui, selon une analyse publiée par The Vintagent, ce même champ de bataille politique semble s'être déplacé vers une rivalité directe entre Harley et Indiens, les motos devenant le dernier front en date des arguments idéologiques plus larges de l'Amérique.
Ce qui est particulièrement inhabituel, c'est qu'Indian s'est historiquement positionnée comme une marque relativement inclusive. L'entreprise a investi massivement dans des programmes de sensibilisation destinés aux motardes féminines, aux nouveaux motards et aux groupes sous-représentés, tandis qu'une grande partie de son marketing récent s'est concentrée sur l'élargissement de l'attrait du motocyclisme plutôt que sur son rétrécissement. Cette approche reflète les campagnes qui ont aidé la marque à réduire progressivement la domination de Harley au cours de la dernière décennie.
Il reste difficile de savoir si l’activité actuelle des influenceurs est une stratégie délibérée, le travail d’une agence extérieure agissant de manière indépendante ou simplement le cas de commentateurs s’appuyant sur un récit tendance.
Ni Indian Motorcycle ni Noise Media n’avaient publiquement abordé ces allégations au moment de la rédaction de cet article. Ce qui est clair, cependant, c'est que les deux plus grandes marques américaines de bicylindres en V se battent désormais pour attirer l'attention sur un marché où la culture et la politique semblent avoir autant d'importance que la puissance et le chrome.